Arrets maladies : comment comptent-ils pour la retraite en France ?

Un trimestre validé en arrêt maladie ne tombe pas du ciel. Même trois mois d’absence ne suffisent pas toujours à gonfler votre relevé de carrière. Les indemnités journalières de l’Assurance maladie, si elles apportent un filet de sécurité financière, ne sont pas soumises aux cotisations vieillesse. Pourtant, elles ouvrent parfois droit à la validation de trimestres, à condition de respecter certains critères.

Le traitement des arrêts maladie sur la retraite dépend de plusieurs paramètres : durée de l’absence, régime de retraite, nature de la pathologie. Un arrêt court ne ressemble pas à un arrêt prolongé. Les droits reconnus ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit d’un accident du travail ou d’une affection ordinaire. Les règles de calcul divergent aussi entre la retraite de base et le régime complémentaire.

Comprendre le rôle des arrêts maladie dans le parcours professionnel

La carrière d’un salarié en France suit rarement un parcours sans accroc. Les arrêts maladie s’invitent parfois sans crier gare, bousculant la routine. Accident, maladie professionnelle ou pépin passager : chaque événement marque le dossier professionnel. Au-delà du simple versement des indemnités journalières par l’assurance maladie ou l’employeur, leur incidence sur la retraite reste souvent en second plan, alors qu’elle s’avère loin d’être anecdotique.

Pour un arrêt maladie classique, les indemnités prennent le relais du salaire, mais restent hors champ de la cotisation vieillesse. Cependant, la loi prévoit d’intégrer dans certains cas les périodes d’arrêt, afin d’éviter que la retraite ne soit trop pénalisée. Selon que l’arrêt relève d’une maladie ordinaire, d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, les conséquences diffèrent nettement.

Regardons également les spécificités des régimes : le régime général et la MSA n’appliquent pas tout à fait les mêmes critères pour valider les trimestres. Pour un arrêt prolongé, l’appréciation de la MSA pourra différer de celle du régime général, modifiant la trajectoire de retraite selon l’affiliation.

Mais la validation de trimestres n’est qu’une partie du tableau. La durée de l’arrêt, son origine, le type d’indemnisation, tout cela influe aussi sur le calcul final de la pension. Les spécialistes du domaine l’affirment : garder la trace précise de ses arrêts maladie devient parfois déterminant pour préserver au mieux ses droits à la retraite.

Arrêts maladie et retraite : quels sont les droits reconnus par la loi ?

Les textes prévoient l’intégration de certains épisodes d’arrêt maladie dans le calcul de la retraite. Pour chaque tranche de 60 jours d’indemnités journalières perçues, un trimestre assimilé peut venir étoffer le relevé, à raison de quatre au maximum par an. Ce système permet de ne pas perdre des trimestres clés alors même que les cotisations sur salaire disparaissent temporairement.

Dans le cadre de la retraite de base, une distinction nette est faite : les trimestres cotisés découlent d’une activité effective, là où les trimestres assimilés couvrent des périodes d’interruption (chômage, service militaire, arrêt maladie…). Seuls les arrêts indemnisés par l’assurance maladie ou par l’employeur permettent de comptabiliser ces trimestres. Sans indemnisation, aucun trimestre n’est ajouté.

Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, la donne change. Les points sont crédités uniquement en cas de maladie professionnelle, d’accident du travail ou de maternité. Un arrêt maladie classique, en dehors de ces circonstances, ne permet pas de voir son compteur complémentaire progresser, ce qui peut peser sur la future pension retraite ainsi que sur l’âge de départ.

À noter également : la législation prévoit des spécificités pour l’invalidité et le handicap. Depuis la réforme des retraites de 2023, l’enjeu de la transparence et de la traçabilité de chaque arrêt maladie s’est accentué, afin de préserver la clarté sur les droits individuellement acquis.

Comment les périodes d’arrêt maladie influent-elles sur le calcul des trimestres et du montant de la pension ?

Chaque arrêt maladie ne rime pas systématiquement avec une perte directe pour la retraite. À chaque tranche de 60 jours indemnisés, un trimestre assimilé s’ajoute à la durée d’assurance. C’est une vraie soupape pour atteindre le minimum de trimestres pour le départ et limiter le risque de décote. Reste que leur valeur diffère des trimestres cotisés.

Penchons-nous sur le calcul du salaire annuel moyen : seuls les salaires effectivement touchés (hors indemnités journalières) entrent en ligne de compte pour déterminer la pension du régime général. Autrement dit, les trimestres issus d’arrêts maladie ne gonflent pas cette moyenne. En cas d’arrêts longs ou répétés, le montant de la retraite risque donc de diminuer, particulièrement si la carrière se compose d’interruptions durables.

En ce qui concerne le système Agirc-Arrco, la logique diffère : seuls certains arrêts, accident du travail ou maladie professionnelle, donnent droit à des points, à l’inverse des arrêts maladie courants, rarement pris en compte. Un cadre, par exemple, victime de plusieurs arrêts « ordinaires » successifs, verra potentiellement sa retraite complémentaire impactée à la baisse.

Dès lors qu’il y a carrière longue ou pension d’invalidité, la situation se complexifie encore. Tout dépend du contexte : la nature des périodes influence la date possible de départ et, en cascade, le montant total perçu à terme. C’est dans ces cas-là qu’une simulation personnalisée prend tout son sens pour mesurer précisément l’effet de l’arrêt maladie sur la trajectoire de retraite.

Homme âgé parle avec un agent à la caisse de sécurité sociale

Où s’informer et à qui s’adresser pour sécuriser sa retraite en cas d’arrêts maladie ?

Gérer les arrêts maladie dans le calcul de la retraite exige de miser sur les bons interlocuteurs. Commencez par votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou la Msa, selon votre régime. Ces organismes conservent les historiques d’indemnités journalières versées et apportent toute la clarté nécessaire sur la validation des trimestres liés à chaque arrêt.

Pour dresser un bilan précis de sa situation, la Cnav permet d’accéder à un relevé de carrière complet, en détaillant chaque trimestre, qu’il soit cotisé ou assimilé. Un rendez-vous avec un conseiller, auprès de la Cnav ou de la MSA, facilite aussi l’anticipation des effets de chaque épisode d’arrêt maladie, qu’il soit d’origine professionnelle ou non.

L’information concernant la retraite complémentaire nécessite de prendre contact avec l’organisme Agirc-Arrco. Un espace en ligne et des conseillers sont disponibles pour préciser quelles périodes ouvrent droit à l’acquisition de points, selon qu’il s’agisse d’un accident du travail, d’une maladie pro ou d’un arrêt classique. Seul un examen personnalisé permet une réponse sûre.

En cas de doute dans l’articulation entre retraite de base et complémentaire, France Travail (ex-Pôle emploi) oriente vers les instances adaptées, qu’il s’agisse du régime général, de la Msa ou de la fonction publique. Il serait imprudent d’attendre la dernière ligne droite pour faire le point, surtout lorsqu’une carrière se compose de périodes en invalidité, en activité restreinte ou d’arrêts prolongés.

Arrêts imprévus, validation des trimestres, calcul parfois déroutant : le parcours retraite laisse peu de place à l’improvisation. Prendre les devants, s’informer, vérifier régulièrement : c’est la meilleure façon de poser demain les jalons d’une pension qui ne doit rien au hasard.